Chat part en vacances #1 : destination Rome et le sanctuaire des chats

Ça y est l’année scolaire est finie ! Les grandes vacances commencent et avec elles les départs sur les routes et les voyages.

Que vous ayez des vacances ou pas, qu’elles soient déjà pour maintenant ou encore dans quelques temps, que vous partiez ou pas loin de chez vous, Chat parles des chats part en vacances et vous emmène pendant cet été à travers tout le globe.
Nous allons vous parler de lieux un peu partout dans le monde qui ont une histoire particulière avec les chats. Allez, suivez le guide !

Départ pour Rome !

Pour inaugurer ce tour du monde, nous traversons une frontière sans partir trop loin. Puisque tous les chemins mènent à Rome, allons-y !

L’Italie, et Rome d’autant plus, est un véritable musée à ciel ouvert où l’on rencontre à chaque coin de rue des vestiges du passé, témoins de l’histoire d’un des berceaux de la culture occidentale.
Et puisque ce pays et cette ville regorgent de ruines et de monuments qui font partie intégrante des lieux, il n’est pas étonnant que les animaux se soient appropriés les lieux au quotidien comme ils l’auraient fait avec n’importe quelle maison ou jardin.

Et c’est ainsi que le Largo di Torre Argentina (autrement appelé Largo Argentina), une vaste place rectangulaire en plein cœur de Rome qui était avant tout un complexe archéologique dans le quartier historique du Champs de Mars, est finalement devenu un sanctuaire félin.

En effet, sur l’artère centrale de Rome qu’est le Corso Vittorio Emanuele, se trouve cette zone archéologique composée de 4 temples romains dont les fondations remontent à l’époque républicaine (entre le IVe et le Ie siècle avant J.-C.). Elle se trouve non loin de la Curie de Pompée, là où Jules César fut assassiné.

Le nom de la place fait référence, non pas à la tour visible depuis la place qui est une tour médiévale appelée la Torre del Papito, mais la Torre Argentina aujourd’hui englobée dans le Palazzetto del Burcardo.

Mais nous n’allons pas détailler plus longuement ici l’histoire antique de ces vestiges car ce n’est pas le sujet. Mais penchons nous plutôt sur le passé récent et le présent du lieu.

Lors de la rénovation de Rome entreprise au début du 20e siècle, les travaux de reconstruction du quartier nécessitent la démolition de l’Eglise Nicola de’ Cesarini, ce qui va permettre d’exhumer les ruines d’une statue colossale, ce qui va déclencher des fouilles plus approfondies de la zone qui vont mettre à jour cette aera sacra. Malgré cette découverte, le devenir de ces vestiges n’a été assuré que par la création du Foro Argentina sur intervention de Benito Mussolini qui l’a inauguré en avril 1929.

Un refuge pour les chats errants

Depuis, peu à peu la population féline de la capitale a pu trouver refuge dans ces ruines. Des dizaines de chats errants ont pris naturellement possession des lieux sans aucune considération pour l’importance historique des lieux contrairement aux archéologues en charge de la zone.
En effet, les « chats de rue » ont longtemps été très nombreux à Rome du fait d’abandons fréquents, ce qui a généré la transmission de maladies plus moins ou graves pour les félins et donc une surmortalité, ainsi qu’une reproduction incontrôlée du fait de la non castration/stérilisation, ce qui n’a fait qu’accroitre le problème de surpopulation.
Ces chats errants ont d’eux-même cherché un abri dans ce lieu tranquille au milieu des ruines, et s’y sont installés durablement à tel point que des amoureux des chats comme Lia Dequel, son amie chanteuse d’opéra Silvia Viviani ainsi que l’acteur Antonio Crast ont créé ce sanctuaire en 1994.

Ils ont ainsi d’abord obtenu la clé du local à outils des archéologues afin de pouvoir y stocker de la nourriture pour les chats. Cette clé a alors été transmise entre bénévoles jusqu’à ce qu’ils arrivent enfin à obtenir des autorités la création d’un vrai refuge.

Malgré la présence de ce centre d’accueil et le travail des bénévoles, les problèmes de santé et de surmortalité des chats errants de Rome se sont accrus jusqu’en 2002. Afin de maîtriser la propagation de maladies et la reproduction des animaux, le centre a mis en place le principe du TNR, méthode défendue par de nombreuses associations de protection animale.

TNR…?

« Trap-Neuteur-Return » en anglais, soit « Capturer-Stériliser-Relâcher » a donc été mis en place par le refuge, de manière précoce avec l’accord du vétérinaire Stefano Baldi, afin de pouvoir dès leur 3 mois vacciner, castrer/stériliser et soigner les chats trouvés avant d’être relâchés ou proposés à l’adoption. Ainsi, lors de ces 10 dernières années, les équipes du sanctuaire auraient vacciné et stérilisé plus de 27 000 félins.

Cela a permis de réduire le nombre de chats livrés à eux-mêmes sans soins médicaux et parfois en mauvaise santé. Cette amélioration des conditions de santé pour les chats romains a également favorisé les adoptions. Par la maîtrise de la reproduction et de la surmortalité, et grâce à l’adoption, on compte ainsi aujourd’hui moins de chats errants que par le passé et leur population est actuellement stable.

Malgré ce travail accompli, en 2012, les autorités archéologiques ont fortement souhaité la fermeture du sanctuaire des chats invoquant l’effet d’une trop grande population animale sur la dignité et la conservation des anciens lieux saints. Une pétition de soutien au sanctuaire a alors recueilli plus de 30 000 signatures, sensibilisation qui a permis de le sauver. Depuis, même si un compromis semble avoir été trouvé, les bénévoles et les félins sont toujours sous la menace d’une expulsion.

De plus, pour des raisons d’espace, le sanctuaire ne peut pas les accueillir tous et est aidé par d’autres centres d’accueil pour s’occuper des autres colonies félines de la ville. En 2014, on comptait 250 chats dans ce quartier.

Les bénévoles du refuge nourrissent donc les chats, laissent ceux en bonne santé libres d’aller et venir dans le sanctuaire, soignent les chats malades, prennent soin des chats avec des infirmités plus ou moins graves, et proposent à l’adoption ceux qui le peuvent.

Pour les aider

Mais pour tout cela, le centre de soins a besoin de financer les soins, vaccinations, opérations, castrations/stérilisations. Le sanctuaire dépend énormément du soutien et des dons pour pouvoir assurer la santé et le bien-être des chats historiques de Rome.

Pour aider l’association Torre Argentina Roman Cat Sanctuary, différents moyens existent :

  • l’adoption réelle bien sûr (si elle a été mûrement réfléchie),
  • l’adoption à distance, en faisant un don pour financer les soins d’un chat et pour obtenir des nouvelles de lui régulièrement,
  • les dons par Paypal ou virements bancaires (pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site),
  • l’achat et l’envoi de « cadeaux » de leur wishlist consultable sur leur groupe public Facebook Gattie di Roma – Roman Cats.

Visiter le sanctuaire

Mais pour l’amoureux des chats que vous êtes, ce qui est encore mieux, c’est que vous pouvez également leur rendre visite !
Ainsi vous pourrez découvrir le site archéologique et le sanctuaire, rencontrer les chats en bonne santé, parler avec les bénévoles qui prendront le temps de vous expliquer le concept du centre d’accueil et de vous parler de la vie quotidienne du refuge, apercevoir ceux en cours de traitement à l’arrière du bâtiment. Les chats en plus mauvais état de santé ou avec des infirmités sont, quant à eux, dans la partie gauche du sanctuaire dans un endroit plus tranquille bien sûr et qui n’est visitable qu’avec l’accord des responsables du refuge. C’est dans ce lieu aussi que se font les adoptions.

La survie de ce centre d’accueil et de soins doit principalement sa survie aux dons. Les visiteurs sont donc les bienvenus et sont chaleureusement accueillis !

Accès : non loin à pied du Panthéon ou de la fontaine de Trévi, l’entrée du sanctuaire est à l’extrémité sud du site archéologique extérieur du Largo di Torre Argentina (dans le centre ville de Rome), au croisement Largo Arenula – Via Florida. Un grand panneau avec un chat vous accueille et vous indique l’escalier à descendre au milieu des chats pour vous rendre au refuge.

Pour information, les mineurs doivent être accompagnés d’un adulte pour visiter le sanctuaire et le centre d’accueil.

Horaires d’ouverture :
Pour les visites : du lundi au dimanche, de 12h à 18h.
Pour les adoptions : du lundi au dimanche de 13h à 17h.

Tarif :
L’entrée est gratuite pour tout le monde. Mais pour le principe de pouvoir rencontrer ces chats et visiter le refuge, un don est apprécié pour soutenir leur action. Vous pouvez également faire quelques achats souvenirs sur place afin d’aider l’association.

En bref

Si vous êtes de passage à Rome, venez apercevoir ce site archéologique méconnu dont les vestiges antiques revivent grâce à la présence de cette vie féline qui a investi à sa guise les lieux, et surtout visiter le sanctuaire des chats et le refuge afin de soutenir l’action de l’association et des bénévoles des centres d’accueil romains.

Car, comme le disait en 2012 Umerto Broccoli (le surintendant des biens culturels de Rome), « les chats de Rome sont plus vieux que les colonnes de marbre et les frontons », et sont considérés depuis peu par décret adopté par le conseil de la ville comme faisant partie du patrimoine bio-culturel de la capitale. Ce qui, on l’espère, permettra de protéger le sanctuaire afin que ces occupants félins et les bénévoles ne soient plus menacés d’expulsion ni déplacés.

Le vacancier en voyage à Rome et amoureux des félins que vous êtes ne peut donc pas rater ce sanctuaire, patrimoine vivant de la cité antique !

Sources : Les-bons-plans-de-Rome.com, Wamiz, Wikipédia, The Culture Trip